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Inspections pédagogiques : des constats identiques entre iefeurs et enseignants

Nous passons chaque année un controle pédagogique annuel, au même titre que les enseignants fonctionnaires. Voici leurs constats http://snuipp.fr/Presentation-du-dossier,13357 et voici en quoi nous les partageons. Il serait judicieux d'aller vers une démarche concertée associations ief - syndicats.

DOSSIER "INSPECTION : CHANGER DE RAPPORT" - commentaire

Stressant, marqué par les lourdeurs administratives plutot que par l'apport formatif et la reconnaissance d'un savoir-faire, porteur trop souvent de pression à la rescolarisation, le controle pédagogique annuel reste une préoccupation pour de nombreux parents bénévoles de l'instruction dans la famille, citoyens actifs contribuant quotidiennement à l'Education Nationale.

Le but du contrôle lui-même interroge. On note que comme pour les personnels de l'Education Nationale, nous sommes de plus en plus strictement soumis à un contrôle de conformité par rapport aux programmes et instructions de l’Éducation nationale. On nous reproche même parfois, voire souvent suivant les académies, de ne pas respecter scrupuleusement la méthodologie principalement pour les classes importantes comme le CP et de ne pas obliger les enfants à acquérir la lecture au même âge. 

Ainsi, de plus en plus de familles s'interrogent sur leur statut, au regard de cette conformité. D'un côté, on nous reproche de ne pas "être" ou pas assez professionalisés et de l'autre on nous impose le respect des mêmes normes. Au point où nous en sommes, si ce n'était du fait du caractère privé de la relation à nos enfants, nous pourrions en présence de telles exigences de l'administration faire requalifier notre relation en contrat de travail de droit public, du fait des contraintes de plus en plus nombreuses qu'on nous impose pour respecter les "canons" de l'Education Nationale.

Comme les enseignants, certains parents restent insatisfaits de leur relation avec l'inspection qui dépend des académies car les pratiques varient de l'une à l'autre en dépit du bon sens et de l'unité territoriale française. Les pratiques de controle pédagogique sont plus ou moins respectueuses de nos choix pédagogiques et nos méthodes. 

Un nombre non négligeable de familles ont décidé de se conformer aux exigences, toutes les exigences, même celles qui sont sans lien avec la loi, même celles prévues dans la circulaire en dépit de son caractère interprétatif qui fait qu'elle ne s'applique pas à nous. 

Des collectifs à CISE, il y a un fossé qui ne cesse de se creuser au fil des réformes législatives et des décrets et circulaires qui grignotent nos droits, donnant l'impression de diviser pour mieux régner. 

Que penser de cette soumission ? Certes, elle n'est pas légitime au regard des normes juridiques et de la hiérarchie de celles-ci. Le principe de légalité s'applique à l'administration française. Toutefois, cette soumission même quand elle est extrême masque en réalité une relation de crainte, de peur et d'angoisse. Les familles ont peur de se voir privées de leur droit d'éduquer, d'instruire leur enfant. Cette crainte est d'autant plus grande que les pédagogues de haut niveau au Ministère se fourvoient dans bien des domaines ce qui va jusqu'à engendrer des troubles des apprentissages chez les enfants. On ne prend pas en compte la maturité cérébrale, le rythme de l'enfant. L'apprentissage différencié est rare dans les classes, il est le produit de la réflexion isolée mais courageuse de certains enseignants face aux échecs pédagogiques. Ces profs ont comme nous la vocation.

Comme les 82% des enseignants qui estiment que le rapport à la hiérarchie est purement administratif, les familles déplorent des rapports qui se cantonnent au moment des controles et qui sont uniquement sur le mode de la coercition.

Comme 75 % des professeurs interrogés qui pensent que le contrôle ne tient pas compte de leurs préoccupations, nous notons quand ce n'est pas des préjugés insistants sur l'ief, une profonde méconnaissance des dernières découvertes en neurologie et de leur application pratique en pédagogie, enfin des raisons pour lesquelles, statistiques à l'appui, les pédagogues font faux pas mais fortune.

Nous sommes satisfaits de lire que

- pour les ¾ d’entre eux cette relation n’est pas perçue comme conflictuelle, 70 % regrettent qu’elle ne soit pas basée sur un accompagnement et 66% qu’elle ne se traduise pas par davantage d’écoute et d’échanges en ce que ce constat est partagé par nos associations et groupements, collectifs, blogs;

- que 78 % trouvent ce moment stressant et aucun consensus ne se dégage sur les aspects positifs de cet exercice qui peut être jugé valorisant (52 %) ou constructif (49 %) mais aussi inutile (56 %) et peu formateur (58 %), il me semble que les proportions sont partagées. C'est d'ailleurs à peu près la proportion des parents dans chaque type d'association, de la plus formalisante (cise) à la plus libertaire (led'a). Des passerelles sont en voie de construction via des associations ouvertes à l'école bienveillante via UNIE, première association qui mette en projet la bienveillance parentale en IEF et dans l'école au profit de l'instruction de l'enfant.

Des modalités qui n'évoluent pas

Les lois n'ont guère évolué depuis les années 1998, les circulaires changent à chaque changement de Ministre pour le meilleur comme pour le pire.

On note que si un référentiel est imposé aux professionnels en septembre 2013 "référentiel des compétences professionnelles des métiers du professorat et de l’éducation", l'obligation de respecter le socle commun de connaissances et compétences de plus en plus renforcée à chaque réforme législative nous impose ce référentiel de gré ou de force au point que l'on se demande pourquoi, alors que nous sommes plus inspectés que les enseignants, nous n'avons pas de modalités de validation des acquis de l'expérience qui nous permettent de finir notre IEF en traversant le miroir comme Alice au Pays des Merveilles, comme devenir enseignant au profit des élèves dont les parents n'ont pas choisi l'ief.

Nous constatons que le SNUipp-FSU juge la situation « inefficace et infantilisante » comme nos associations, groupements et collectifs. Les inspecteurs doivent tout à la fois contribuer à l’amélioration de l’enseignement, à l’évaluation de l’enseignant et à la gestion des ressources humaines, mais également procéder à nos controles annuels, puisque le Ministère se déclare toujours compétent pour nous évaluer au lieu de reconnaître la compétence du Ministère de la Culture.

Dans la même mesure que les constats posés par le SNUipp-FSU, nous posons le constat que les règles peuvent varier suivant les département et parfois même à l'intérieur d'un même département ce qui peut conditionner une demande de second contrôle dans un cas ne le sera pas dans un autre. La progression des parents tout au long de leur trajectoire, la reconnaissance de leur légitimité de leur action sont conditionnés par l'interprétation personnelle des textes par les inspecteurs, leur connaissance et leur respect de nos convictions, méthodes etc. 

Nous avons comme les enseignants l'impression que les contrôles sont arbitraires et frisent la caricature en de rares cas. Les exemples donnés par les enseignants sont d'ailleurs très réalistes de ce que nous vivons nous-mêmes dans les cas où nous avons recours aux associations et collectifs pour notre défense. Nous constatons des aléas liés à la personnalité des inspecteurs de celui qui raffole des NTIC à celui qui les décrie par exemple.  

Et de même, les familles ont beau être très critiques face à cette évaluation, mais semblent hésitants dès lors qu’il faudrait franchir le pas pour aller vers autre chose car la note reste à ce jour le seul indicateur permettant une reconnaissance de leurs compétences professionnelles. On retrouve ici le comportement de soumission de certaines familles qui en ont marre de se battre et baissent les bras simplement pour avoir la paix, deviennent finalement des agents de la fonction publique, sans les privilèges qui y sont liés, notamment en terme de salaire. Il n'y a pas de reconnaissance professionnelle d'ailleurs, pas d'assouplissement des controles pour les familles qui le réussissent d'année en année, pas de procédure de validation des acquis professionnels.

Des deux côtés, on reste attaché aux modalités actuelles. « Les inspecteurs y voient toujours un fondement important de leur métier ; les enseignants craignent d’autres modes d’évaluation et préfèrent cette solution sous-optimale » assure Xavier Pons sociologue de l’éducation.

C'est également vrai. Nombre de familles ont l'impression que si l'on s'oppose, si l'on résiste à l'oppression (droit constitutionnel), alors nos droits vont se réduire encore jusqu'à l'abolition du droit à l'instruction dans la famille et avec lui du droit à l'instruction vues les difficultés auxquelles se heurtent les enseignants en classe du fait de la diversification de leurs rôles .

Déconnecter note et inspection professionnelle

Je ne suis pas particulièrement au faîte des pratiques de contrôle IEF dans le Val d'Oise. Toutefois, on constate dans ce département où s'ouvriraient des écoles non déclarées auprès des mosquées fanatiques, que ces mêmes groupes ne sont pas interpelés mais que la pression est mise sur nos familles. C'est dans ce même département que les syndicats se plaignent d'un système d'inspection collective débouchant sur un plan de formation. Deux poids, deux mesures. Les équipes les plus exigeantes avec les personnels et les familles respectueuses de l'enfant sont celles les plus délétères vis-à-vis de certains mouvements hors la loi, ne respectant ni les règles de l'école, ni celles de l'ief...Quid ?

Ces problématiques ne peuvent pas être ignorées, d’autant qu’un rapport de l’Inspection générale datant de 2013 pointe la nécessité d’évaluer… les évaluateurs.

L’inspection n’améliore pas la qualité de l’enseignement au bénéfice des élèves, « faute d’accompagnement »

Pour lever ces contradictions, le Syndicat national des personnels d’inspection de la FSU a élaboré une charte « qui définit une déontologie de l’inspection » comme l’explique son secrétaire général Paul Devin.

«Elle doit s’effectuer dans le respect du droit des personnels et reposer sur une confrontation d’expertises différentes et complémentaires. L’enseignant maîtrise la pratique quotidienne (…) l’inspecteur se place dans une position à distance. » Ce constat s'applique également pour l'instruction dans la famille. Les familles sont sur le terrain tous les jours, au plus près des enfants. L'inspecteur intervient ponctuellement dans une position à distance.

Le SNUipp-FSU prévoit qu'il faut aller plus loin en déconnectant note et inspection pour lever ces ambiguités. Il servirait davantage le développement professionnel pour privilégier les aspects formatifs de l’exercice plutôt que sa dimension sommative et, au final, agirait en faveur de la réussite des élèves.

Dans cette perspective, nous sommes d'avis qu'il faudrait déconnecter l'idée d'un maintien du droit d'instruire nos enfants de celle de la réussite du contrôle à tout prix.

Pour conclure, on pourrait prévoir :

- proposition d'une mise en relation des familles qui débutent avec des IPR aussi bien qu'avec les associations et groupements de l'ief (collectifs, blogs...) sur la base d'une liste de personnes ressources par académie, pour bénéficier de l'expérience cumulée du groupe (en général, elles le font spontanément, mais on peut postuler que certaines n'osent pas et iront vers les associations après un premier contrôle qui s'est mal déroulé faute d'expérience)

- proposition d'une information-orientation sur l'instruction dans la famille ou l'accueil en famille instructrice de familles de jeunes absentéistes ayant besoin de souffler hors établissement et de prendre de la distance notamment avec un environnement soit familial (ados en crise) soit quartier défavorisé qui nuit à leur image d'eux-mêmes  (participation à des ateliers hors quartier)

- pour les familles dont le controle se serait mal passé, évaluer l'intérêt d'un accompagnement par les associations, suivi par une famille sous forme de marrainage bienveillant. Notre expertise cumulée et la coopération entre les familles pourrait alors aider. Actuellement, cela s'opère de façon très informelle qui ne permet pas vraiment de quantifier l'impact mais également les familles vivent dans la crainte du second controle ce qui n'est pas souhaitable pour les enfants notamment; 

- l'allégement des conditions de contrôle pour les familles ayant eu trois controles successifs positifs;

- la valorisation de l'expérience acquise en ief et des échanges entre enseignants et milieu ief, notamment la proposition de postes d'instituteurs, professeurs etc au terme de l'ief quand les contrôles ont le plus souvent été positifs;

- une reconnaissance par la validation des acquis de l'expérience des compétences acquises, notamment par la délivrance d'un diplome en sciences de l'éducation sur la base de la pratique de l'ief. Ex Master 2 sciences de l'éducation au terme de 5 ans d'ief.

L'idée est de reconnaître les efforts des familles qui ne sont pas sanctionnés par un revenu. Il s'agirait d'une compensation en nature reconnaissant le civisme. Cela se fait déjà dans les milieux associatifs par exemple pour ce qui est des fonctions de dirigeants et du bénévolat. En outre, le nombre d'années d'ief devrait ouvrir droit à la participation à certaines formations comme celles pour les enseignants de clis pour les familles elles-mêmes touchées par le handicap. 

Ce transfert de compétences et l'ouverture d'une offre de postes dans les établissements à partir des listes de familles ief pourrait être intéressant pour opérer un transfert des nouvelles pratiques et accompagner les établissements vers une modernisation des pratiques. Ceci serait profitable à tous les élèves des établissements.

- la participation à des échanges avec les académies et les enseignants du secteurs sur les méthodologies et savoirs-faire, sur la base du volontariat.

Il est impératif que ces propositions soient toujours des propositions et restent sur la base du volontariat.

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